Comment Rivian va imposer sa technologie électrique à bord des Volkswagen
- Delphine Van Nieuwenhuyse
- 29 août 2025
- 4 min de lecture

Volkswagen s’est récemment associé à Rivian, start-up américaine spécialisée dans les modèles électriques. À la clé : des synergies technologiques profondes qui pourraient bouleverser la manière de faire de Volkswagen, notamment avec le moteur révolutionnaire Maximus.
Si le paysage automobile mondial est en pleine mutation, rares sont les alliances qui suscitent autant d’intérêt que celle récemment conclue entre Volkswagen et Rivian. En novembre 2024, les deux constructeurs ont officialisé la création d’une coentreprise financée à hauteur de 5,5 milliards d’euros. Derrière ce chiffre imposant se cache une volonté claire : faire converger l’expertise industrielle du géant allemand avec l’agilité technologique du jeune constructeur californien.

Concrètement, Volkswagen va injecter au total 3,5 milliards de dollars et acquérir une part significative de Rivian. Ensuite, 1,3 milliard supplémentaire sera consacré au développement de logiciels partagés tandis que le milliard restant est prévu pour un éventuel prêt pour des développements futurs. En ligne de mire, une ambition partagée : refondre l’architecture électrique des futurs véhicules en mettant l’accent sur les innovations, que ce soit pour le hardware ou le software.
Basée dans la Silicon Valley et forte de plus de 1 000 ingénieurs, la coentreprise est occupée à s’installer également sur trois autres sites (en Europe et aux États-Unis) afin de renforcer son maillage international. Les applications concrètes ne vont pas tarder : le SUV compact Rivian R2 sera le premier à bénéficier de cette coopération dès 2026, tandis que Volkswagen intégrera progressivement ces technologies à ses gammes – on parle de Volkswagen, mais aussi d’Audi voire de Porsche.
Golf 9 : le renouveau d’une icône
Premier projet phare de cette alliance : la neuvième génération de Golf qui sera entièrement électrique. Une décision hautement symbolique, assumée par Thomas Schäfer, CEO de Volkswagen, qui entend redorer le blason d’un modèle emblématique, tout en capitalisant sur l’expérience de son nouveau partenaire américain.
Ce partenariat vise en particulier à corriger les erreurs des premières générations de véhicules ID, notamment en matière de gestion électronique. La Golf 9 reposera sur la plateforme SSP (Scalable Systems Platform) et, a priori, Rivian ne devrait intervenir que sur les unités de contrôle électronique (ECU), c’est-à-dire les composants qui gèrent toutes les fonctions du véhicule : de la climatisation au freinage assisté, en passant par les réglages des sièges.
Maximus : la révolution Rivian ?

Mais la vraie pépite de cette alliance réside peut-être ailleurs. En effet, Rivian vient de dévoiler le moteur électrique Maximus, destiné à équiper sa nouvelle génération de véhicules, à commencer par le SUV R2 attendu pour 2026. Et ce groupe motopropulseur incarne des avancées majeures, tant sur le plan technique qu’industriel.
Ce bloc se distingue d’abord par l’intégration latérale de son onduleur, positionné sur une surface plane à l’extrémité du moteur. Ce choix réduit considérablement la longueur des barres conductrices (bus bars), limitant ainsi la complexité et le poids de l’ensemble tout en améliorant l’efficacité énergétique. Toute l’électronique de puissance et de commande est regroupée sur une seule carte de circuit imprimé, une solution qui rationalise le système.
La conception du Maximus met en outre l’accent sur une gestion thermique innovante. Le châssis de l’onduleur ne se contente pas de fermer la cavité du moteur refroidi par huile ; il sert également de canal direct pour le liquide de refroidissement entre les modules de puissance et l’échangeur thermique. Cette double fonction évite le recours à des composants supplémentaires, ce qui allège encore davantage l’architecture globale tout en améliorant la fiabilité du refroidissement.
Enfin, l’un des aspects très innovants du Maximus réside aussi dans sa méthode de fabrication. Rivian révolutionne en effet la production du stator, composant central de tout moteur électrique, en adoptant une technologie d’enroulement continu. Résultat : le nombre de soudures nécessaires passe de 264 sur l’ancien moteur Enduro à seulement 24 sur le Maximus. Et forcément, moins de soudures, c’est moins de points de défaillance, mais aussi une production plus rapide, plus fiable et moins coûteuse.
Bientôt aussi chez Volkswagen ?
Ces choix techniques ne relèvent pas seulement de la prouesse d’ingénierie : ils répondent à une logique économique claire et Rivian cherche naturellement à abaisser drastiquement le coût de production de ses véhicules. Cette approche n’aura certainement pas échappé à Volkswagen qui rencontre non seulement des difficultés financières et doit faire de grosses économies, mais cherche aussi à réduire le coût de production de ses voitures électriques pour se montrer plus compétitif sur le marché, surtout face aux constructeurs chinois.
La perspective d’intégrer un groupe motopropulseur aussi optimisé et modulaire dans ses modèles serait donc une opportunité. D’autant que le projet Maximus de Rivian ne se limite pas au moteur. Il s’accompagne d’un nouveau format de batteries : les cellules cylindriques 4695 fournies par LG Energy Solution, qui remplacent les actuelles 2170. Ce changement devrait permettre à Rivian d’augmenter encore son autonomie et ses performances.
Rien n’indique toutefois que ce moteur Maximus (ou une version dérivée) équipera la Golf 9 électrique. Car cela nécessitera peut-être d’autres transformations non prévues pour la plateforme SSP. Cela dit, les lignes de force du futur de l’automobile sont en train de s’écrire entre Wolfsburg et Irvine. Le géant allemand y trouvera le bénéfice d’un raccourci technologique, tandis que la start-up californienne sécurisera son financement et élargira ses débouchés.
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